La vie serait simple à Manneville de Pierre Cochez

Date de sortie : 13 avril 2017

Maison d’Editions : Les Escales Editions

Genre : Roman / Amour

Le résumé :

Les murs mangés par la vigne vierge, les fenêtres grandes ouvertes, Manneville est une maison de famille, celle qui abrite le jeune Bruce Dehaut, ses sœurs, de joyeux cousins, et puis des adultes occupés à profiter de l’été en lisant le journal ou en préparant des pastis-grenadine. La vie serait simple à Manneville, mais Bruce doit partir. L’Angleterre l’attend : Oxford, les études, un début de vie adulte. Là-bas, Bruce fera la rencontre d’Alex, un grand roux à la veste de tweed beige, qui fume des cigarettes en jouant au jacquet. Bruce n’avait pas prévu ça. L’amour, l’éblouissement. Et l’impossibilité d’une vie partagée.

Devenu journaliste, il sillonnera le monde, des îles Féroé au Mozambique, en quête de vérité, en quête de lui-même, pris dans un mouvement permanent. Mais Bruce l’apprendra, l’attente aussi est une façon d’aimer.

Porté par une plume délicate, ce roman atmosphérique touche en plein cœur et nous parle de ces vies rêvées que l’on vit pour de bon quelquefois.

En vente sur AMAZON


 

L’avis de Sehaltiel :

Commençons par dire que ce livre ne m’a pas plu. Le résumé me paraissait pourtant assez touchant et je pensais avoir à faire à une histoire émouvante sur l’attente d’un amour qu’on pensait avoir perdu. Et j’ai été assez déçu. Maintenant, je vais vous expliquer pourquoi.

La première chose qui peut être un peu rebutante, c’est que le style littéraire est lourd, voire soutenu. Lorsque je lis ce genre d’histoire, je le fais pour passer un moment agréable ou un moment touchant, et je trouve que ce choix de parler dans un langage si soutenu met une distance entre le lecteur et l’histoire. Le plus symptomatique de ce choix est la manière dont les personnages échangent lors des dialogues. Même le personnage sensé être un illettré dans le fin fond de l’Afrique ou du Brésil parle comme un homme de la haute, et ça fait une sensation étrange.

Le côté sympa de ce point, c’est la richesse du vocabulaire et le côté « vieux roman ». Si je n’avais pas vu la date, je n’aurais pas parié sur un livre de ce siècle. Je suppose que ça peut plaire, mais encore une fois, les longues descriptions et le vocabulaire parfois compliqué m’ont perdu. Je lisais certains passages sans les imprimer, pressé d’arriver au paragraphe suivant.

Parlons d’ailleurs des descriptions. Le livre donne l’impression d’être une longue autobiographie décrivant une histoire de manière détachée, malgré l’utilisation de la première personne. Le héros raconte des morceaux de sa vie mais toujours de loin, et on ne s’attarde vraiment sur personne, pas même son amoureux (j’exagère peut-être un peu, mais c’est le principe). Les scènes sont toujours très abrégées, avec cette sensation de quelqu’un qui se contente d’un résumé. Et encore une fois, dans ce genre d’histoire censée être touchante, émouvante, où le héros est le point principal, ça met une limite qui empêche tout attachement aux personnages. Certains prénoms arrivaient dans l’histoire et je n’arrivais même pas à me souvenir si je les avais déjà vus ou s’ils étaient nouveaux. On s’attardait si peu sur eux que ça m’a complètement bloqué.

Je vais aborder les personnages, maintenant. Le héros, Bruce (et il m’a fallu dix secondes pour retrouver son prénom, ce qui n’est pas bon signe), est un aristocrate français. Il est orgueilleux et narcissique (il dit lui-même qu’il s’aime trop, à un moment du livre) , ce qui ne me plaît déjà pas outre mesure. Il traîne également avec lui un mal être qui le fait avancer tout du long du livre, s’enfonçant de plus en plus dans son boulot pour ne pas penser à sa vie de célibataire. Sauf que pour ça, il passe beaucoup de temps à picoler, et ces soirées ne sont pas ma tasse de thé non plus.

Le deuxième personnage principal, Alexander, est un homme qui vient des îles Féroé, un petit coin au-dessus du Royaume-Uni (vraiment petit, regardez la carte !). Et… ben je ne sais pas. Comme les autres personnages, on ne s’attache pas vraiment à lui et si je connais son histoire, rien ne me vient. Aucun attachement à lui, malgré sa vie assez triste.

Le côté sympa du livre, en revanche, c’est le dépaysement. Le héros passe de la France à Oxford, puis à Paris, le Brésil, les îles Féroé, l’Afrique du Sud. Sa carrière de journaliste le fait beaucoup voyager et nous découvrons les paysages avec lui (avec toutefois le symptomatique « on n’aborde aucun sujet de près », comme tout le reste du livre), ainsi que l’histoire de son époque (le livre se passe dans les années 70/90). On parle des conflits, de la pauvreté. Après, il faut voir si ces thématiques vous plaisent (ce qui n’était hélas pas mon cas). Un autre sujet abordé régulièrement est le sida, qui commence à faucher de nombreuses personnes, plus particulièrement les homosexuels, évidemment, et cela amène des scènes qui se veulent touchantes, je suppose. Mais encore une fois, pour les mêmes points soulevés plus haut, ça n’a pas eu d’effet sur moi.

Même la fin du livre m’a laissé perplexe, cette façon détachée de raconter les choses m’empêchant de ressentir la tension propre à la fin d’un livre.

Pour conclure, je ne saurais que vous dire. Si certains des points soulevés dans cette critique vous rendent curieux, je vous encourage à le lire, mais ce n’est clairement pas un livre pour moi. Je n’ai hélas rien ressenti d’autre que de l’ennui. Je n’ai ni eu les larmes aux yeux, ni eu envie de rire, et aucun personnage n’a retenu mon attention. En somme, il fait partie de ces livres que je suis content d’avoir terminé et ne rouvrirait probablement jamais.

 

Ma note :      

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s