Recrue de Samuel Champagne

Date de sortie : 08 aout 2013

Maison d’Editions : Editions de Mortagne

Genre : tranche de vie

Le résumé :

Une recrue… Voilà comment Thomas se sent. Un nouveau, un débutant. Dans un univers qu’il ne connaît pas et qui lui fait très peur : celui de l’homosexualité. Alors que Maxence, fraîchement débarqué d’Angleterre, semble s’intéresser à lui, Thomas se pose bien des questions. Leur relation déborde-t-elle du cadre de l’amitié ? Max, ce sportif populaire, peut-il réellement être gai ? Il n’en a pourtant pas l’air… À seize ans, Thomas a de la difficulté à le croire, mais il finit par l’admettre : il aime les hommes. Déjà que son quotidien n’est pas simple, alors que sa passion pour la danse attire sur lui les propos homophobes de ses camarades, l’avenir s’annonce encore plus compliqué… Quant à Max, il s’ennuie de la liberté d’agir qu’il avait à l’étranger, et de ses amis qui l’acceptaient tel qu’il est. Osera-t-il s’afficher ouvertement de nouveau ? Ensemble, les deux garçons découvrent le véritable amour. Pourquoi se cacher quand ce qui nous anime est si beau, si enivrant ? Pour s’affirmer, il faut être prêt à affronter le regard des autres. Un regard souvent dur et rempli de jugements… Environ 5 % de la population mondiale est homosexuelle. Mais trop peu de jeunes admettent leur différence, de peur d’être rejetés. L’histoire de Maxence et de Thomas nous permet de constater les nombreuses embûches que rencontrent les adolescents lorsqu’ils découvrent que leur orientation sexuelle est contraire à la « norme ». Dans une société qui se dit moderne et ouverte d’esprit, des efforts sont encore nécessaires afin que les tabous l’entourant disparaissent.

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L’avis de Sehaltiel : 

 

 

La première chose que j’aimerais soulever est que c’est un livre qui a été écrit pour un public plus adolescent qu’adulte. Ce que je veux dire par là, c’est que les thèmes sont abordés de manière innocente, avec une légèreté et une douceur qui rendent sa lecture très agréable. On arrive à la fin des quelques 300 pages sans avoir eu le temps de le réaliser ! Et c’est un point plutôt positif. Pourtant, malgré mes dires, un adulte pourrait parfaitement y trouver son compte, car les personnages sont attachants et on se surprend à sourire pendant la lecture.

Rentrons maintenant un peu plus dans les détails. Le résumé m’a tout de suite plu, et c’est pour cette raison que j’ai décidé de le lire. L’introduction de l’histoire a vraiment été chouette et on s’est tout de suite senti attaché à l’un des deux héros, Maxence. J’en reparlerai plus tard, mais Elizabeth, sa sœur, y est pour quelque chose.

Par la suite, nous réalisons assez rapidement que le livre oscille très fréquemment entre le point de vue de Thomas et celui de Maxence, chacun faisant face à des problèmes différents.

Comme le résumé le laisse supposer, Thomas devra prendre conscience de son homosexualité au contact de Maxence, le nouveau venu, qui ne le laisse clairement pas indifférent. Pourtant, il va d’abord commencer par beaucoup se méfier, car Maxence a rejoint le club de soccer (ou de foot. Les lecteurs comprendront *clin d’œil*), ce même club qui regroupe les élèves qui passent leur temps à le persécuter à cause de sa passion pour la danse. Il devra également faire son coming out à sa mère, dernier membre de sa famille, alors qu’il pense que celle-ci ne mérite pas une telle épreuve dans sa vie.

Maxence, lui, aura d’autres problèmes à gérer. Sa famille, composée de sa mère, son père et sa sœur, sont parfaitement au courant de son homosexualité depuis trois ans. Le hic, c’est que sa mère semble prendre la nouvelle avec beaucoup plus de retenue que les deux autres, et les deux sont régulièrement en conflit. De plus, après un changement brutal d’environnement, Maxence se retrouve sans personne sur qui compter. Lui qui avait l’habitude d’être entouré par des amis très tolérants, mais aussi par des associations LGBT, il doit maintenant commencer à mentir par peur de perdre son poste au sein de l’équipe de soccer, où plusieurs membres sont clairement homophobes et passent beaucoup de leur temps à envoyer des remarques déplacées, dont Thomas en est le plus souvent la cible. Il va alors commencer à se mentir à lui-même et perdre toute la confiance qu’il avait en lui, opérant un changement drastique dans son comportement.

L’histoire ne perd pas de temps, et Maxence se sent attiré par Thomas dès le début. C’est lui qui va lancer l’histoire, car il va tenter coûte que coûte de passer la coquille de protection mise en place par Thomas. Les interactions entre les deux personnages sont très sympas et on retrouve cette petite légèreté tout au long du livre qui nous permet d’avancer sans le voir venir.

Pourtant, tout n’est pas parfait, et la première moitié du livre est un peu redondante. Assez rapidement, les deux personnages réalisent qu’ils sont attirés l’un par l’autre, mais le développement dans leur tête est assez lourdingue. C’est un avis personnel, mais j’ai eu l’impression que nous ressassions encore et toujours les même sujets, et le fait de suivre l’évolution des deux personnages en même temps nous donne envie de crier « C’est bon, il t’aime aussi, alors fonce, arrêtez de vous tourner autour ! ».

Si j’ai cité dès le début de la chronique que le livre était écrit à la base pour un public plus adolescent, c’est exactement pour ça. Les scènes ne sont pas surprenantes, et les personnages ayant 16 ans, on se retrouve avec quelques clichés des jeunes hommes de cet âge-là. On a vraiment l’impression de lire une romance idéalisée. Pour moi, qui aime les développements plus réalistes, c’était un défaut, mais ça ne m’a pas empêché d’avaler le livre en une soirée, donc il serait hypocrite de dire qu’il n’est pas bien. Disons juste que ce développement idéalisé m’a empêché de ressentir les émotions voulues, et je suis resté un spectateur neutre tout au long de ma lecture.

En revanche, l’un des points positifs du livre est que l’auteur a évité les clichés des personnages gays, même lorsqu’on aborde la passion de Thomas pour la danse. Pour ceux qui l’ont vu, ce thème est abordé, d’une certaine manière, comme celui du personnage principal du film Billy Elliot. En tout cas, ce cliché facile a été évité, et ça m’a fait outrageusement plaisir.

Les personnages secondaires, aussi, sont assez agréables. Je mettrais une mention spéciale à Elizabeth, la sœur de Maxence citée plus haut, et Alex, le collègue sportif, qui ont permis de s’aérer la tête et de ne pas penser exclusivement aux deux personnages principaux, tout en faisant avancer l’histoire.

Pour conclure, je dirais que c’est un livre agréable à lire, pour peu que l’on connaisse ses défauts et qu’on les accepte. Il n’y aucune prise de tête, c’est mignon et touchant, et les personnages, bien que peu surprenants, sont attachants. Les thématiques abordées toucheront un grand public, mais leur résolution très idéalisée (dans le bon comme le mauvais : acceptation ou rejet), presque stéréotypée, n’empêche pas que ça fonctionne et qu’on prend plaisir à lire le livre jusqu’au bout.

Et puis il ne faut pas se mentir, les personnages vont me trotter dans la tête quelques jours et me laisseront un souvenir agréable, alors si vous hésitez encore, je ne saurais que vous dire de vous lancer !

 

Ma note :     

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